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Montréal, lieu de la Dispute de 1202

1202, la dispute devenue historique

 

 Détruite pendant les guerres de religions puis reconstruite, la Collégiale de Montréal n’a rien de cathare et pourtant, fière sur son éperon, on ne peut pas ne pas y voir une signature de la reconquête catholique après le passage de l’hérésie, dans une contrée où elle fut forte et prégnante.


La « Dispute », un moyen pour les cathares et catholiques d’échanger

Savoir ce qu’est une dispute permet de comprendre qu’entre cathares et catholiques, le lien n’était pas rompu et que le débat existait. La violence n’est pas originelle, il faut attendre les croisades pour que les couteaux soient tirés, des deux côtés. Avant cela, les deux parties en présence discutaient, argument contre argument sur des éléments de la Bible, des Evangiles. Qu’elles soient écrites ou orales, les disputes visaient à expliciter les décalages entre les deux religions et à les confondre.

 

1202, la Dispute devenue historique

Les Disputes avec les hérétiques furent nombreuses, mais celle de Montréal est la plus connue et la plus représentative de l’époque.

A Montréal, la Dispute a lieu en 1202, comme le raconte Guillaume de Puylaurens dans son livre de vie. Durant plusieurs jours, devant des arbitres élus par les parties, on se dispute par le moyen d’écrits. Le fondement de la dispute est le suivant : les hérétiques accusent l'Église romaine d'être ni la sainte Église, ni l'épouse du Christ mais l'Église du diable et la doctrine des démons, la Babylone dont parle Jean dans l'Apocalypse. Pour prouver le contraire, l'évêque catholique chargé de la « défense » se présente avec les arguments du Nouveau Testament.

Tout un programme !

Les écrits des différentes parties sont apportés aux laïcs en charge de juger mais ceux-ci refusent de délibérer et se séparent sans avoir achevé l'affaire. La dispute ne fut pas tranchée, les écrits perdus à l'arrivée des croisés. Il se dit cependant que cent cinquante hérétiques environ se convertirent à la foi après avoir compris ce qui avait été dit.

Cet épisode eut lieu deux ans avant que la Croisade ne décime le sud de la France, en 1204. Mais, à n’en pas douter, à Montréal, l’Eglise cathare connait le plus grand succès de son histoire. Et pour cause, elle obtient des prélats catholiques une discussion publique sur un pied d’égalité et, à son tour et pour la première fois depuis le Xe siècle, elle met officiellement son adversaire en accusation. Une attitude de provocation dans un contexte déjà houleux : la Croisade commence à cette période à être envisagée.

 

A voir si vous vous rendez à Montréal :

  • La Collégiale de Montréal, où trône sur l’éperon la signature cathare