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Bram

Les yeux de Bram

La Ville de Bram est connue pour avoir été le siège d’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire de la Croisade. Voulant faire un exemple, les représailles furent sans pitié.

 

Simon de Montfort et la stratégie de la terreur

 

Au printemps 1210, conduits par la comtesse Alix de Montfort, des renforts importants parviennent aux Croisés qui occupent à nouveau Alzonne qui s’était soulevé. Ils se présentent ensuite devant Bram. Situé en plaine, le castrum circulaire ne bénéficie d’aucune protection naturelle, d’où sa faiblesse et la brièveté des combats. Le premier assaut croisé emporte la place. Parmi les prisonniers, un clerc français qui, à Montréal, a trahi la cause des Croisés en livrant la ville au seigneur occitan légitime, mais dépossédé (faidit), Aimery. Simon fait payer cher sa trahison à ce clerc, il est trainé dans la ville attaché à la queue d’un cheval, puis pendu.

Revanchard dans sa victoire, Simon se montre alors désireux de semer l’effroi. Dans sa tactique, il s’agit de faire un exemple, espérant ainsi obtenir la reddition sans combat des autres villes acquises aux Cathares. Il prend une centaine d’hommes parmi les prisonniers et les fait mutiler. L’imagination des bourreaux est sans limite : nez coupés, yeux crevés, sauf à l’un d’entre-eux que l’on éborgne seulement, et pour cause… Ils sont envoyés sur les routes, guidés par ce borgne, vers Cabaret et vers les Châteaux de Lastours qui refusaient de se rendre. 

 

Mais ce déferlement de haine a une seconde explication. Il apporte une vengeance à la mort atroce de deux chevaliers français qui ont été faits prisonniers à Puisserguier par Guiraud de Pépieux. Les deux hommes ont été atrocement torturés à Minerve : yeux crevés, oreilles coupées ainsi que le nez et la lèvre supérieure. Ils furent ensuite renvoyés nus à Carcassonne.

Bram est donné en fief à un compagnon de Simon de Montfort, Alain de Roncy.