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Labécède Lauragais

La Bessède, une pépinière pour le clergé cathare

 

Le village est un lieu privilégié du catharisme en temps de paix. En 1227 sa population est massacrée par les armées du Roi de France.

 

Un fief d’irréductibles cathares

Dès 1215, la présence de Bernard de la Mothe, diacre cathare est signalée. Il demeure fréquemment chez son père, Guilhabert de Castres. Ils sont parmi les irréductibles cathares qui continueront de fréquenter l’éperon de Montségur bien après sa chute pour encore y effectuer des "ordinations solennelles".

De plus, ce n’est pas moins de deux évêques de Toulouse qui furent extraits de Labécède : Bernard de la Mothe, élevé à la dignité épiscopale en 1215 et Gaulcem qui avait trouvé l’hospitalité au village auprès de son coadjuteur Guilhabert de Castres.

Ainsi, un noyau important de cathares de rang élevé provient de Labécède. Ecoutez cette litanie : le parfait Guilhabert de Castres, devenu évêque cathare du toulousain demeure dans sa maison, sous protection de Pagan, seigneur du lieu et de Trèsemine de Roqueville. Il y reçoit Guiraud de Goudron, diacre de Caraman, cousin de Bertrand Othon de Niort.

 

Le massacre de 1227

En 1227, la prédication des gens de Labécède est de plus en plus voyante et les hérétiques se multiplient. Le Roi de France veut y mettre bon ordre. Humbert de Beaujeu, sénéchal de Carcassonne commande l'armée du Roy de France qui assiège le château de La Bessède. L'archevêque de Narbonne et l'évêque Foulques de Toulouse marchent au secours d'Humbert de Beaujeu, qui après avoir fait une brèche suffisante se prépare à l'assaut ; mais les assiégés, se voyant vaincus, s’enfuient dans la nuit. Ceux qui restent sont passés par l’épée. L'évêque de Toulouse tente de sauver la vie des femmes et des enfants. Las, Gérard de la Mothe, diacre hérétique et ses partisans sont brûlés vifs. Dans le vallon de l'Argentouyre, une porte voutée dans la muraille, du côté gauche, qui existait, il y a peu d'années encore était appelée la porte de l'évêque. Pour les labécèdois, Foulques de Marseille, évêque de Toulouse, était "l'évêque des diables". Par le traité du 12 avril 1229, Raymond VII promet de remettre au Roy de France, le château narbonnais de Toulouse ainsi que 8 châteaux, dont celui de La Bessède. L’histoire cathare ne s’arrête pas là, on parle encore longtemps d’embuscades dans les bois, d’assassinats… Labècède est cathare pour longtemps encore.