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Les Cassès, les bûchers de la terreur

 

Le murmure des morts

 

Il faut quitter le village après y avoir fait quelques pas pour s'imprégner d'une ambiance jusque-là inconnue, il faut marcher sur la cuesta asséchée par le vent chaud de l’été ou balayée par le vent glacial de l'hiver. Se retrouver au bout du chemin à l'emplacement du bûcher des Casses… alors le sang se fige et comme à Montségur si l'on prête l'oreille, on entend le murmure des cathares endormis à jamais.

 

Ici, les murs parlent du catharisme

Dans l'Epopée Cathare, Michel Roquebert parle de la région du Lauragais comme l’épicentre du catharisme, tant elle a été imprégnée par l'hérésie à partir de la fin du XIIème siècle. Cela se concrétise notamment par une forte solidarité au-delà des clivages sociaux ; nobles et moins nobles se liguent. Le Concile de Saint-Félix crée des vocations partout. Des familles entières de nobles basculent dans l'hérésie, emmenant leurs « gens » avec eux. Les textes relatent que « Toute la terre de Saint Félix y compris Les Cassès, Saint Paulet... possédait des maisons de parfaits et de parfaites avoués."

Les Casses sont alors une place forte dépendant directement du Comté de Toulouse et du diocèse de Saint-Papoul.

En 1199, Jeanne d'Angleterre, femme de Raymond VI, Comte de Toulouse, pour se venger de ceux qui avaient offensé son mari, se met à la tête d'un corps d'armée et entreprend le siège du Château des Cassés. Trahie par les siens qui allèrent jusqu'à fournir des vivres et des munitions aux rebelles, elle lève le siège, Jeanne y risque sa vie et sa dignité.

Mais, les Casses n'en ont pas fini avec la violence du siège.

En 1211, la place des Cassés est prise par les Croisés. La garnison, chargée de protéger le bourg, demande à capituler et se rend sous conditions, notamment l’abandon de la protection des villageois en échange de leur liberté. Les évêqueprésents avec l'armée des Croisés entrent dans la place et demandent en vain à cinquante hérétiques de se convertir. Las, ils les abandonnent aux Croisés qui les brûlent vifs.

Peu de temps après, l'Abbé de Citeaux face à 80 hérétiques encore présents dans une tour du château, en ordonne l'assaut et il les livre aux flammes. Il fait ensuite raser les tours et le village.

Peu après, le Comte de Toulouse ayant remis le Pays sous son obéissance, fait reconstruire le château des Cassés. En 1235, les inquisiteurs y font une descente judiciaire. Un nouveau bûcher est édifié. Le dernier ?