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Sorèze, Le château cathare oublié

 

 Le château de Roquefort est implanté sur un site en éperon, le long de la vallée du Sor, à 560 m d'altitude, dominant la route des Cammazes à Durfort, à proximité du gouffre de Malamort. Les ruines d'un château et celles d'un village implanté en contrebas sont conservées, y pénétrer, c’est marcher sur les traces intactes de la période cathare.

Un château et une lignée, Les Roquefort.

 

En 1035, est faite la première mention du château de Roquefort, qui appartient alors à la famille Escaffre, parent des seigneurs de Saissac. Au 12e siècle, le seigneur de Roquefort est un vassal des puissants vicomtes de Trencavel, vicomtes d' Albi, de Carcassonne et de Béziers qui dominent toute la partie occidentale de la Montagne Noire.

Pendant la période de lutte contre le catharisme, les seigneurs adoptent le parti des hérétiques et le castrum de Roquefort joue un rôle de premier plan. La tour seigneuriale qui subsiste pourrait être une construction postérieure au 12e siècle.

Les Roquefort sont représentatifs de la noblesse occitane, engagée dans le Catharisme et donc cible de la Croisade contre les Albigeois. Et au Castrum de Roquefort, que s’est-il donc passé ? Là, intervient une perle rare : un document isolé mais exceptionnel, qui permet de décrire avec précision les réalités de la société cathare de Roquefort à partir des années 1230. Il s’agit de la déposition devant l’Inquisition toulousaine de Guilhem Rafard, religieux cathare originaire de Roquefort, et « converti » – c’est-à-dire ayant abjuré devant ses juges. Ayant abjuré, il donne force détails dans sa déposition qui en fait un témoignage exceptionnel. Capturé par l’Inquisition dans l’été 1278, il prouve la sincérité de sa conversion par une dénonciation la plus exhaustive possible de son passé hérétique et de celui de ses proches. On n’en aura gardé qu’une copie qui est cependant émaillée d’incohérences.

On y apprend beaucoup sur la société et les époques du catharisme sur le Castrum. Lors de la Croisade des Albigeois puis de l’Inquisition, le château sert de refuge aux bons hommes et bonnes femmes cathares. Aimeric de Roquefort, parmi 80 chevaliers, périt en 1211 dans le siège de Lavaur, orchestré par Simon de Montfort. L’issue de la croisade albigeoise, puis de la croisade menée par Louis VIII, qui aboutit à l’installation de la sénéchaussée royale à Carcassonne en 1226, conjuguée au passage du Languedoc sous domination française en 1271, semble fatale à bien des seigneuries dont celle de Roquefort.