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Castelnaudary, une bataille perdue pour des jambons

 

L’histoire de Castelnaudary est indissociable de celle Saint Martin Lalande, siège d’une des plus grandes batailles de l’histoire du catharisme


Une bataille au cœur de la plaine

1211 est une annus horribilis pour les Cathares : le siège et la prise de Lavaur (en mai), le bûcher des Cassès, le premier siège de Toulouse en juin. Or,  beaucoup de Croisés ayant terminé leur quarantaine quittent l’armée et rentrent chez eux. A l’automne, Simon de Montfort connaît une grave crise d’effectifs avec de petites garnisons dispersées à Lavaur, Montferrand, Puylaurens ; le gros des forces est à Carcassonne ; il conserve une faible troupe (une soixantaine de chevaliers) à Castelnaudary.

Or, à l’automne 1211, une résurgence apparaît, le Lauragais se soulève avec Avignonet, les Cassès, Cuq Toulza et même Saverdun. Raimon VI prépare une contre-offensive toulousaine pour tenter de rejeter la Croisade. Il fédère les Comtés du Comminges, de Foix, l’Agenais tout entier, les Gascons, le vicomte de Béarn et de nombreux routiers, nom que l’on donnait alors aux mercenaires. La coalition "couvrait le sol comme des sauterelles". Dans la Chanson de la Croisade, Guillaume de Tudèle consacre plus de 300 vers à cet immense rassemblement en marche vers Castelnaudary.

Simon de Montfort s’enferme dans le château de Castelnaudary, situé au sommet de la colline du Présidial, espérant l’arrivée de renforts croisés pour affronter  les Occitans en rase campagne.

Les armées occitanes n’entourent pas la forteresse de Castelnaudary par un cordon de troupes continu. Raimon VI installe son artillerie sur la colline du Pech. Un gigantesque trébuchet lançant d’énormes blocs réussit à démolir une tour et à éventrer une salle voûtée. Les renforts croisés arrivent sous la direction de Bouchard de Marly et Alix, épouse de Simon. Deux convois se rejoignent dans la région de Saint Martin Lalande avec du ravitaillement composé "de vin, de froment, de pain cuit et d’avoine, mais aussi des jambons" ; ils se dirigent vers Castelnaudary.

Le Comte de Foix et ses cavaliers, depuis le Pech, passent alors à l’attaque en divisant leurs troupes en trois corps avec la cavalerie lourde au centre, la cavalerie légère sur une aile. Sur l’autre, l’infanterie légère composée d’arbalétriers et la totalité des routiers espagnols ; en face la chevalerie de Bouchard de Marly et le convoi.

Avec leur grande supériorité numérique, les hommes du Comte de Foix Raimon Roger remportent une victoire éphémère sur Bouchard qui recule. Le convoi est pris par les Occitans ; c’est alors le pillage du ravitaillement croisé, l’infanterie ariégeoise se disperse, les cavaliers mettent pied à terre pour se partager le butin.

C’est ainsi, que pour des jambons, les Occitans perdirent la bataille. Simon sort du château et prend les Ariégois à revers, Bouchard contre-attaque ; pris entre deux cavaleries ennemies, les chevaliers occitans luttent mais abandonnent le terrain. Les Croisés sont finalement vainqueurs, la contre-attaque de Simon est un succès spectaculaire.