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 Le lieu où les femmes cathares s’incarnent

 

Le village de Laurac Le Grand tire son origine dans l’histoire de la présence romaine dans le Sud-Ouest, certainement le nom d’un vétéran romain : Laurus. Plus tard, la famille de Laurac donne son nom à toute la région qui l’entoure : le Lauragais. Mais à l’heure du Catharisme, Laurac le Grand est un site majeur, notamment par l’histoire des femmes cathares qu’il a hébergé.

 

 Le Catharisme, une affaire de femmes ?

Au début de l’aventure cathare, les femmes sont massivement présentes, certainement plus que les hommes. Elles sont les premières à se convertir notamment les nobles, et entrainent dans leur sillage leurs maris et les enfants. Les raisons sont à puiser dans l’histoire du mariage : la femme au mariage reçoit l’anneau nuptial. Il est le signe de la soumission de la femme à l’homme, la société est faite pour les hommes et par les hommes. A côté de cela, les Troubadours chantent la femme et l’amour courtois qu’elle symbolise.

Eduquées et lettrées, les femmes finissent par admettre, comme le prêchent les Diacres cathares, que le monde n’a pas été créé par Dieu mais par le Mal. Pour preuve selon elles, les actes de violences faites aux femmes, qui peuvent être emmurées ou tuées pour accusation d’adultère. D’autant plus que le catharisme affirme l’égalité des sexes : « toutes les âmes sont bonnes et égales entre elles et le diable seul a fait la différence dans les corps ».

Au fil du temps, s’allongent la liste des femmes devenues « Parfaites hérétiques » : Blanche de Laurac, Francesca de la Hille, Garsende du Mas Saintes Puelles, Guillelme de Fonters… Dominique, pour contrer cette expansion à travers la gent féminine, ouvre un monastère pour l’accueil des femmes de la noblesse.

Pourtant, au tournant du XIIIème siècle, l’hérésie progresse et s’étend à toutes les couches de la société. On assiste alors aux premières révoltes pour refuser de payer la Dîme. L’histoire des femmes dans le Catharisme se poursuivra longtemps.

 

Les femmes de Laurac, toute une histoire

La première femme qui marque l’histoire du catharisme est Blanche, sœur de Sicard, seigneur de Laurac et du Lauragais. En 1170, elle épouse un membre de la puissante famille des Roquefort. A la mort de son frère resté sans héritier, le Lauragais lui revient. Elle transmet alors à son fils Aimery, un ensemble de seigneuries au positionnement essentiel entre les Vicomtés Trencavel de Carcassonne-Albi et le Comté de Toulouse. Vers 1200, devenue veuve, elle entre dans les ordres cathares en emmenant dans son sillage sa fille Mabila. Guiraude de Laurac, une autre fille de Blanche sera nommée par les Croisés « Heretica pessima », la pire des hérétiques. Et pour cause, elle aura refusé lors de la prise de Lavaur de livrer les cathares en 1211. Elle est jetée dans un puits et enfouie sous des pierres. Encore aujourd’hui, dans l’ancienne maison des Chevaliers de l’Hôpital de St Jean de Jérusalem à Toulouse, on peut voir ce que les archéologues ont nommé le sarcophage de « La dame de Laurac ». Il pourrait s’agir de l’illustre Bonne Femme tombée dans l’hérésie.