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Fanjeaux, berceau de la reconquête

Du haut du Seignadou, l’histoire vous contemple

 

Rendez-vous au Seignadou, promontoire au ras du village de Fanjeaux, d’où vous pourrez voir par temps clair, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, cette plaine lauragaise qui s’étire. Ici, il faut imaginer Saint-Dominique qui voit, par trois fois, une boule de feu décider pour lui de l’emplacement de son monastère, en bas, à ses pieds à Prouilhe.

Mais à Fanjeaux s’écrit toute une partie de l’histoire cathare …

 

De l’Espagne à Fanjeaux

La vie de Dominique de Guzman commence en Espagne, en Castille, en 1170. Rapidement, il se passionne pour les Saintes Écritures qu’il étudie et médite. Mais il les met aussi en application, durant un hiver de grande disette où il vend des livres pour nourrir les hommes. Il commence sa vie de religieux, dans une communauté régie par la règle de Saint Augustin où très vite, il acquiert la certitude de devoir s’occuper des plus pauvres.

Entre 1203 et 1206, il effectue sa première excursion en Occitanie. Il est chargé par le roi de Castille de ramener la fille du roi du Danemark pour des épousailles avec le dauphin de Castille. Deux expéditions sont nécessaires. A Toulouse, par où il transite, il prend conscience de la forte présence cathare. Il est hébergé par un hôte cathare. Ils passent la nuit à converser ensemble et au petit matin, le cathare se convertit au catholicisme. Saint Dominique comprend alors que par l’éducation et la parole, il parviendra à enrayer l’hérésie.

Les Cisterciens mandatés par le Pape contre les hérétiques ont échoué dans leur mission d’évangéliser l’Occitanie. Innocent III accepte en décembre 1206 de confier cette mission à Dominique et son compagnon Diego. Ils partent alors, accompagnés de quelques légats cisterciens, comme aux origines « deux par deux, à pied, sans bourse ni besace ».

 

Ainsi naquit un ordre mendiant et missionnaire

En juin 1206, Diego et Dominique arrivent à Carcassonne, puis remontent vers Montréal, Fanjeaux, passant près de l’antique sanctuaire de Notre-Dame de Prouilhe. Ils essaient de rassembler des femmes particulièrement celles issues du catharisme et de la noblesse.

En mars 1207, a lieu à Montréal, ce que l’on appellera plus tard « la Dispute de Montréal ». A l’image de ce qui sera plus tard la Controverse de Valladolid, la dispute de 1207 est relative au catharisme. Chaque protagoniste doit, en public, expliquer sa position, la défendre. Dans chaque camp, les arbitres transcrivent les idées et rendent une sentence. La dispute de Montréal constitue un tournant : aucune décision n’est prise et suite à cette dispute, les missionnaires catholiques changent de méthode : ils passent de l’itinérance au partage du territoire entre prédicateur. Chacun reçoit un « diète », c’est-à-dire une portion de territoire à évangéliser. Dominique s’établit alors à Prouilhe.

Dominique conserve un pied-à-terre à Fanjeaux dont il devient curé en 1214. Il restera pendant près de dix ans en Lauragais. Bien souvent, il prêche seul, Diégo étant mort en 1207. En 1209 débute la croisade contre les Albigeois mais Dominique refuse de convaincre autrement que par la force de la Parole.

Il fondera plus tard l’ordre des dominicains. Son nom restera à jamais associé à l’épopée cathare.

 

 

A voir si vous vous rendez à Fanjeaux :

  • La « maison de Saint Dominique » dans le « Borget Sant Doumenge ».
  • La vue depuis le Seignadou sur la plaine lauragaise et le Monastère de Prouilhe