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Avignonet Lauragais, de la chute à la reconquête

 Ici parle la pierre

 

Cher visiteur, quand vous verrez au loin se dessiner la silhouette imposante de l'église d'Avignonet, ce qui vous étonnera, c'est la présence de la pierre, première du genre sur la route qui mène de Toulouse à Carcassonne. Parce qu'il fallait bien un signal fort pour marquer à la fin de l'épopée cathare, la reconquête catholique, sur ces terres bousculées par le vent de la contestation cathare.

 

Avignonet, pour comprendre la chute de Montségur.

Mais reprenons au début de l'histoire pour comprendre l'épisode avignonétain. En avril 1233, le Pape Grégoire IX institue les tribunaux d'inquisition. Majoritairement dominicains, les juges vont de village en village pour faire abjurer leur foi cathare aux plus récalcitrants. La procédure, basée sur le droit romain empêche l'accusé de se faire représenter par un défenseur. La torture n'est pas exclue pour obtenir l'abjuration. Si des aveux sont faits, et le refus d'abjurer évident, les sentences peuvent alors aller jusqu'à l'emmurement voire la mort. Alors que les inquisiteurs mènent leurs funestes taches, l'épisode d'Avignonet est noté par l'historien du catharisme, Michel Roquebert, dans son "Epopée Cathare" comme un des moments les plus importants de l'histoire de la Croisade contre les Albigeois.

A la fin du mois de mai 1242, des inquisiteurs tiennent tribunal à Avignonet. La ville est un baillage de Raimon d'Alfaro, viguier du Comte de Toulouse Raimon VII, fervent soutien des cathares. Son accointance cathare tient davantage à des raisons politiques : écarter la pression des princes du Nord emmenés par Simon de Montfort.

Le 28 mai, soixante hommes dont 15 chevaliers descendent de Montségur, fief cathare ; au cours de leur route, la troupe augmente. En pleine nuit noire, Raimon d'Alfaro les attend à la porte du château alors que des complices ont ouvert les portes de la ville. Un écuyer les conduit dans la pièce où dorment les inquisiteurs. Pris par surprise, le tribunal est anéanti, Guilhaume Arnaud, chef des inquisiteurs, terreur du Lauragais, a la langue tranchée, tant elle symbolise les crimes des prélats. Le Comte de Toulouse et la population du Languedoc pensent y gagner leur liberté. Las, cet épisode fait redoubler de violence la croisade contre les cathares et Montségur ne tarde pas à tomber, après un long siège décidé tant par le Pape que par le roi. Au printemps 1244, le « pog » de Montségur capitule.

 

Les représailles

Après cet épisode sanglant, en représailles, la Papauté décide la fermeture de l'église.

L’église actuelle, construite postérieurement à cet épisode, se voulait le symbole de la reconquête de l’Église catholique en Lauragais. Un pèlerinage annuel s'y déroule qui puise son origine dans l'épisode cathare comme en témoigne une Bulle papale conservée en la sacristie.